PARKING

Publié le par Patrick FOSTIER

Très long débat, jeudi soir, sur les cotés positifs et négatifs de ce nouvel équipement. Quel dommage d'avoir géré ce dossier de cette façon ! Je suis convaincu qu'il était possible d'obtenir un consensus sur ce projet. Mais le parti-pris de limiter le nombre de places, de supprimer la stationnement sur la place ducale et de refuser de voir le problème de façon globale ne pouvait conduire qu'à un affrontement droite-gauche.

Pourquoi ne pas écouter un peu les professionnels ? Ne sont-ils pas aussi dignes d'intérêt que n'importe quel citoyen ?

La réponse est claire : Madame Tourneux les accuse de défendre des intérêts particuliers, contre l'interêt général qu'elle incarne ! Monsieur Pailla les taxe de "corporatistes".

Un peu de tolérance et d'écoute auraient été profitables à Charleville-Mézières.

En commentaires le texte de mon intervention.

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Publié dans Conseil municipal

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P
VILLE DE CHARLEVILLE-MEZIERES<br /> Conseil Municipal du 14 décembre 2006<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> Intervention de Patrick FOSTIER, conseiller municipal,<br />  <br /> <br /> Membre du groupe « Ensemble »<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> Je voudrai commencer cette intervention en attirant l’attention de notre assemblée sur une dérive de la communication municipale qui me semble préoccupante. Depuis quelques années, l’exécutif municipal a pris l’habitude de rencontrer la presse avant nos séances de conseil afin de lui présenter les sujets qui seront débattus. Loin de moi l’idée de vouloir empêcher cette pratique, je n’en ai d’ailleurs pas le pouvoir. Je souhaite simplement faire observer qu’il y a là un vrai déséquilibre de l’expression entre la majorité et l’opposition. Chacun comprendra qu’il y a une grande différence entre la présentation d’un dossier dans un huis clos et la même démarche effectuée dans une salle avec des collègues qui ne manquent pas de vous apporter la contradiction lorsqu’ils le jugent utile. Il y a là une évolution qui ne me parait pas conforme à l’équilibre démocratique voulu par nos institutions. Cette préoccupation se renforce, lorsque ces rencontres donnent lieu à compte-rendu plusieurs jours avant le conseil.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> J’en viens à m’interroger sur l’utilité de nos réunions. Car, mes chers collègues, si vous aviez cru, lors de votre élection, avoir reçu mandat de participer à la gestion de Charleville-Mézières, détrompez-vous ! Tout a déjà été décidé, que dis-je, quasiment mis en œuvre par l’exécutif. Vous pensiez débattre de la nécessité d’un parking, de sa taille, de son environnement. Taisez-vous ! Il est négocié, aligné, bâti, arrêté, on entend le bruit des premières voitures qui se garent. Quelle efficacité ! Trêve de plaisanterie, les projets que nous devions débattre ont déjà été détaillés abondamment dans la presse et copieusement dans le bulletin municipal qui a retenu, pour ce qui est de la proportion d’expression entre la majorité et l’opposition, la recette du pâté d’alouettes, qui se compose, je le rappelle, d’un cheval pour une alouette.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> Venons en au projet qui nous est présenté. 405 places, 4.265 K€ HT, 3.000K€ à la charge de la ville, 19 mois de délai maximum, 1,2€ de l’heure, voilà, résumé en quelques chiffres, ce parking. Petit rappel historique : 11 mars 2002, vote favorable du conseil pour la réalisation d’un parking souterrain de 500 à 600 places sur la ZAC Montjoly,  février 2004, madame Tourneux annonce dans le bulletin municipal un parking pour 2005 de 500 places, dans le même numéro on présente l’ouverture du Métropolis et le futur parking souterrain de 550 places. Cherchez l’erreur ! Novembre 2004 : le parking est prévu pour 2006, il fera 600 places.<br />  <br /> <br /> Aujourd’hui, le projet nous est présenté, finalisé, avec 405 places. Pourquoi a-t-il fallu près de 5 ans pour négocier ce dossier ? Que s’est-il passé entre novembre 2003, date à laquelle la commission de DSP sélectionne 3 candidats, et novembre 2004, date à laquelle le maire adresse le document définissant « les caractéristiques quantitatives et qualitatives des prestations » aux candidats ? Pourtant, le rapport de présentation annexé à la délibération du 6 mai 2003 ou celui présenté en CTP le 18 juin 2003 étaient déjà très précis sur l’équipement envisagé. Pourquoi le « document programme » du 23 novembre 2004 ne nous a-t-il pas été communiqué ?<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> Examinons maintenant le contrat de concession qui nous est proposé. L’article 38 prévoit le versement par la ville d’une indemnité pour compenser les servitudes qu’elle impose au délégataire. J’observe que la première de ces servitudes, celle qui permet de respecter la convention signée avec Nord-Est cinéma, n’est pas chiffrée, ni même estimée. Une évaluation est pourtant possible, pourquoi ne pas nous la communiquer ? Quel sera le coût budgétaire de cette dépense récurrente ?<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> J’ai rappelé le montant de l’investissement et la part de la ville, je voudrais attirer l’attention sur le risque supplémentaire lié à la non-réalisation des ventes par amodiation. Une charge supplémentaire de 120 K€ est possible. Ce qui réduirait de 10% l’investissement du délégataire déjà très minime……… Ce qui frappe dans votre projet, lorsqu’on le compare à d’autres parkings, c’est le niveau très élevé de la participation publique. Plus de 70% ! Je n’ai pas trouvé de projets similaires. La norme habituelle est plutôt 25 à 30%. Exceptionnellement, on approche les 50%, comme à Marseille sur le parking Cassini au mois de juillet 2006 ou une subvention de 46% provoque une vive protestation des élus communistes qui disent, je cite : « La délégation de service public est une aubaine pour le délégataire : l’opération est subventionnée à 46%…….. ».  Que diront-ils sur une subvention de 70% ? Par contre, j’ai de nombreux exemples de subventions dans les fourchettes que j’indique, à St Germain en Laye moins de 20%, à Lyon sur deux dossiers 16% et 26%. Votre projet est une mauvaise affaire pour les finances communales.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> Intéressons-nous à l’exploitation prévisionnelle. Les recettes ont été estimées de façon très prudente. Pourquoi ? La capacité maximum théorique est de 9.720 heures de stationnement jour soit 3.547.800 heures par an. Les 405 places sont supposées rapporter 820 € HT par an. Cela correspond à 2 heures de location par jour au tarif plein. Là aussi, nous sommes très éloignés des normes habituelles. Les comparaisons sont plus hasardeuses, car l’environnement du futur parking est une donnée essentielle pour les recettes.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> Difficile de comparer un équipement situé sous une place du cœur de ville, avec ce parking placé en bordure du plateau commercial. Néanmoins les recettes par place sont généralement estimées entre 900 et 2.500 € par place et par an. Vous êtes en dessous du minimum admis. Faut-il y voir une habile négociation autour de l’article 34 du contrat de DSP ? Qui prévoit le versement d’une redevance si le chiffre d’affaires dépasse de 10% le prévisionnel. Mais quelle sera l’attitude des co-financeurs qui constateront que vous reprenez, d’une main, ce que vous leur avez fait verser, de l’autre ?<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> Je n’aborderai pas, dans cette intervention, l’évolution du stationnement, même si elle est étroitement liée à ce dossier. Une autre délibération nous permettra d’en reparler. Mais comment ne pas évoquer brièvement le solde des places disponibles après cette modification. Les places situées dans le quadrilatère Longueville, Bourbon, Mitterrand, Boutet soit 528 vont être remplacées par ce parking de 405 places. Solde –123. L’emplacement de l’hôtel : - 45 places. La place ducale – 232 places, le devant du théâtre – 26 places. Disparition cumulée 426 places ! Je pourrai faire du catastrophisme en y ajoutant ce qui doit encore disparaître autour du marché couvert et pour réaliser la liaison piétonne entre la ZAC et le secteur piétonnier. Il faudrait aussi tenir compte de la hausse de la demande induite par les ouvertures de deux restaurants, d’un bowling -restauration et d’un hôtel. Nous allons être, bien malgré nous, la seule ville de France qui aura construit un parking………. pour diminuer les places disponibles. J’ai bien du mal à trouver une cohérence dans cette décision. Comment peut-on ouvrir un marché couvert et empêcher les clients de stationner, faire un superbe marché de Noël et organiser la chasse à l’automobiliste, y compris le dimanche. Sans doute faut-il y voir une illustration des divisions internes de la majorité entre ceux qui prêtent une écoute attentive aux professionnels et ceux qui persistent à dénigrer systématiquement les commerçants supposés être des opposants politiques dès qu’ils expriment une réserve sur la politique municipale.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> Enfin, j’ai été très surpris de constater que cette DSP avait été négociée sans conseils extérieurs, ou presque. Comment peut-on avoir la prétention de négocier, tout seul, avec les groupes de BTP qui gèrent les concessions de parkings. Pour avoir, un peu, l’habitude de ces dossiers, je crois qu’une telle démarche est inconséquente. Il eut été préférable de choisir un cabinet conseil expérimenté pour la rédaction du cahier des charges (ce qui n’aurait pas duré un an !), puis de se faire accompagner par lui  jusqu’au bout de la procédure. Comment s’est déroulé la négociation, sur quels points a-t-elle portée, quels sont les aménagements obtenus ? Votre rapport est muet sur tous ces sujets, pourtant essentiels à une bonne information de notre conseil municipal. Celui qui a pris cette responsabilité devra en assumer les conséquences.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> Résumons-nous, ce projet :<br />  <br /> <br /> -         a été mal négocié<br />  <br /> <br /> -         entraînera la disparition d’un grand nombre de places<br />  <br /> <br /> -         le prévisionnel d’exploitation est sous estimé<br />  <br /> <br /> -         la participation publique est très élevée<br />  <br /> <br /> -         des dépenses certaines ne sont ni chiffrées, ni estimées<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> Vous avez compris que ce passif conséquent ne me conduira pas à un vote favorable sur ce dossier. Je le regrette, car j’ai ardemment souhaité la construction de cet équipement et je l’aurai voté s’il avait été positif pour Charleville-Mézières.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> Le socle d’une vraie politique de stationnement, devrait être une étude sérieuse et complète de la situation actuelle (pas l’ersatz truffé d’erreurs qui m’a été communiqué récemment). J’ai, à votre disposition, des documents réalisés sur plusieurs villes qui se terminent par des propositions alternatives d’action. A partir d’un tel document, il est possible de faire des choix politiques clairs sur différents scenaris.<br />  <br /> <br /> Sous réserves des conclusions de ces études, je crois nécessaire de combiner plusieurs solutions de stationnement autour du cœur commercial de Charleville. Votre emplacement, trop éloigné, est mal choisi. J’ai défendu en 2001 une implantation sous la place de Nevers. Je persiste. Un autre emplacement doit être trouvé à l’est de la place ducale. Une partie des terrains libérés par Corvisart pourraient être utilisés. Il faut aussi optimiser l’utilisation des parkings Sévigné et de la CCI, pourquoi pas en élévation ? Un partenariat avec la SNCF et un promoteur sur le site de la gare pourrait aussi permettre la création d’un nombre de places important. Une bonne offre doit intégrer 20% de réserve pour le stationnement de courte durée et 10% pour la longue durée. Seuils en dessous desquels l’usager perçoit psychologiquement une certaine difficulté à stationner. Il faut, enfin, réaliser les liaisons piétonnes des parkings au centre ville. Comment expliquer que l’on ne puisse joindre certains parkings qu’en slalomant sur des trottoirs mal entretenus entre des voitures mal garées ? Pour terminer, j’attends toujours que soit mis en place un jalonnement dynamique des parcs de stationnement. Avec rappels aux feux des principales entrées de l’agglo, cet outil orienterait l’automobiliste vers les parcs disponibles en fonction de sa destination. Il diminuerait le trafic de recherche de place, donc l’encombrement des chaussées et la pollution.<br />  <br /> <br /> Voilà la politique alternative de stationnement que je propose. Elle ne serait pas plus coûteuse que la votre. Souvenez-vous que Charles de Gonzague a bâti Charleville autour du commerce. Les activités économiques sont la vie de notre cité. En réduisant le nombre de places de stationnement, en neutralisant la place ducale sans compensation, vous prenez un très gros risque pour l’avenir de Charleville-Mézières.<br />  <br />
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