PLAN LOCAL D'URBANISME
VILLE DE CHARLEVILLE-MEZIERES
CONSEIL MUNICIPAL DU 29 JUIN 2006
INTERVENTION DE PATRICK FOSTIER
CONSEILLER MUNICIPAL
Pour commencer cette intervention sur notre futur PLU, il me semble utile de rappeler ce qu’est le PLU et son importance pour le développement futur de Charleville-Mézières. Car l’élaboration du PLU n’est pas un acte anodin. C’est, au contraire, un document d’une grande importance qui va fixer le cadre d’évolution de notre agglomération pour de nombreuses années.
Le PLU est un document d’urbanisme et de planification. Il définit les orientations d’urbanisme de la commune et exprime le projet urbain de la commune. Il assure également la traduction juridique du projet de développement de la commune, réglementant les droits à construire sur le territoire communal.
Le PLU délimite des zones, urbaines et naturelles, à l’intérieur desquelles sont définies, en fonction des situations locales, les règles applicables relatives à l’implantation, à la nature et à la destination des sols. Il peut, en outre, comporter des dispositions relatives, notamment, à l’aspect extérieur des constructions, aux emplacements à réserver, au coefficient d’occupation du sol.
Le PLU est composé de 5 pièces principales :
Un rapport de présentation ;
Un projet d’aménagement et de développement durable
Un plan de zonage ;
Un règlement ;
Des annexes (annexes sanitaires, plan de servitudes et plan des contraintes …)
Le rapport qui nous est présenté par l’exécutif municipal est donc le cadre de l’étude de la seconde pièce, le PADD. J’observe immédiatement que ce rapport fait suite au diagnostic validé en janvier dernier par le comité de pilotage. Ce diagnostic aurait été mieux partagé si il avait été communiqué aux conseiller municipaux avant la séance d’aujourd’hui.
Permettez moi, maintenant, de rappeler un certain nombre d’observations, de principes et d’actions que j’avais rédigé dans le cadre de notre programme municipal de 2001. Ceci afin de comparer avec les perspectives proposées par votre document.
• Cadre de vie non - satisfaisant.
• Division naturelle liée au fleuve
• Développement anarchique des différents quartiers
• Plan de circulation et de stationnement obsolètes
On ne résoudra ces problèmes qu’avec une vision prospective. Ce ne sont pas quelques bandes cyclables peintes à la hâte dans une perspective électorale qui peuvent tenir lieu de politique.
Améliorons le cadre de vie, ayons un plan de circulation et de stationnement digne de ce nom, maîtrisons la fiscalité et nous retrouverons très rapidement une vitalité économique. Personne ne doit s'étonner de la faiblesse des activités économiques carolomacériennes.
Ni Mézières, ni Charleville n'ont été conçues pour la circulation automobile. Les ponts sur la Meuse sont autant de points de passage obligés. La situation bloquée d'aujourd'hui est la conséquence de ces difficultés et de l'immobilisme des élus qui, depuis 1977, ont laissé le plan de circulation en l'état ! Pour en sortir il faut : dévier vers l'extérieur la circulation de transit, créer un troisième axe pour traverser la ville et remanier totalement le plan de circulation interne.
Le troisième axe, relierait l'avenue Carnot à la sortie du quartier de Montcy - saint - Pierre, en passant par la rue des Forges saint Charles. C'est un projet très ambitieux qui nécessite de construire plusieurs ponts. Il est pourtant indispensable car il désengorgerait les centres des quartiers de Mézières et Charleville, il redonnerait une chance de développement à des secteurs isolés et mal desservis comme les Forges - saint - Charles.
Le plan de circulation est aussi un sujet important. Il y a deux points noirs : l'ensemble du quartier de Charleville et une partie du quartier de Mézières (Préfecture, cité administrative, Hôtel de ville, rue Monge). Le rejet de la circulation de transit à l'extérieur et la création d'un troisième axe devraient apporter un premier soulagement. Le prochain plan de circulation devra soigneusement séparer les circulations "entre quartiers" de la circulation "interne aux quartiers". La traversée de la ville se faisant de préférence sur de grandes voies, en sens unique, situées en bordure des quartiers. Les seuls automobilistes qui doivent accéder aux cœurs des quartiers étant ceux qui y habitent et ceux qui viennent y faire leurs achats, pas ceux qui veulent simplement les traverser.
Mais la politique du tout automobile a fait son temps, tout le monde le comprend désormais. Beaucoup de déplacements s’effectuent chaque jour à pied, en bus, à vélo. Le piéton mérite que l’on considère son confort comme une priorité. Si nous voulons une ville vraiment différente de ce qu’elle était voici dix ou quinze ans, il faut repenser, sécuriser et rendre " lisibles " les cheminements piétonniers si nous voulons qu’ils constituent une véritable alternative.
Si nous voulons dégager des espaces publics destinés aux déplacements non motorisés, nous devons offrir une solution pour garer leur véhicule à tous ceux qui viennent travailler ou faire leurs achats dans notre cité. Il n’existe pas en France, et probablement en Europe, une seule ville de plus de 50.000 habitants qui ait pris un tel retard dans son équipement en parkings publics.
A mes yeux et, sous réserve d’études complémentaires, trois parcs doivent être créés. L’un sur le quartier de Mézières, les deux autres en bordure du cœur du quartier de Charleville et à l’opposé l’un de l’autre. Le choix de leur emplacement est primordial. Ils doivent être sécurisants et faciles d’accès. Une signalisation, comportant le nombre de places disponibles, sera implantée aux entrées de la ville. Ces parcs comprendront un certain nombre de places réservées aux résidents
Parlons aussi de l'urbanisme. Partout, il faut respecter l’esprit des lieux. Je suis donc favorable à la politique de préservation du patrimoine. C'est d'ailleurs l'un de nos atouts touristiques. Cette volonté de préservation ne doit pas conduire à la stérilisation de quartiers entiers. Je ne veux pas vivre dans un musée, mais dans une ville vivante.
Notre ville manque de réserves foncières pour la construction d'habitat individuel. C'est l'une des raisons, avec la fiscalité, du départ des jeunes actifs vers la périphérie. Il faut reconstituer rapidement ces réserves et programmer des opérations de construction afin de conserver cette population essentielle pour notre avenir.
Nous devons aussi mettre au cœur de nos politiques la restauration de la mixité sociale. C'est un objectif que vous avez souvent proclamé et parfois………….. oublié. En laissant se développer, puis se dégrader, des quartiers entiers de la cité. Nous devons lutter contre la constitution de quartiers ghettos. Un quartier où les habitants vivent en paix est un quartier qui accueille toutes les catégories d’habitants.
Je suis convaincu que nos concitoyens doivent pouvoir également, en grand nombre, accéder à la propriété. Chaque opération immobilière menée par les organismes logeurs devrait obligatoirement comprendre une part de logements destinés à permettre l’accession à la propriété. Nous devons, par ailleurs, mener sans relâche notre combat contre l’habitat dégradé. Il est intolérable que demeurent encore dans notre ville des situations d’habitat inacceptable. Son image même est touchée. Par conséquent, nous devons relancer les opérations programmées d'amélioration de l'habitat et traiter tous les immeubles vétustes en assurant le relogement et l’accompagnement social des familles.
Je refuse de tomber dans la caricature et, par conséquent, je reconnais volontiers que nous partageons certains des objectifs que je viens de rappeler. Il reste que les grandes lignes restent, cinq ans plus tard, d’actualité !
Examinons maintenant les deux documents du rapport.
Je partage les 4 priorités liminaires. Poursuite PRU, développement Nord-Ouest, attractivité centre ville, démarche prospective. Je fais simplement une réserve sur l’extension des zones urbaines qui doit être maîtrisée, car la densification du centre ville est prioritaire. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de la loi SRU.
Pour les activités, d’accord avec le document. Une réserve là aussi sur la création d’une nouvelle zone d’activité sur Etion. Tout dépend de ce que vous voulez y mettre. Est-ce une zone commerciale supplémentaire, en clair un hyper de plus ? Dans ce cas je suis contre. Notre densité est déjà élevée. D’ailleurs, ce serait en contradiction avec votre volonté affichée de faciliter l’implantation du commerce de proximité.
Habitat, j’y retrouve un certain nombre d’objectifs que j’énonçais en 2001. Je partage donc cette partie du texte.
Transports, stationnement. Vous ne serez pas étonné de mon accord sur le premier point et de mon désaccord sur le second. Quoi que cet affichage politique en transport devrait nous conduire à réserver dans le PLU les espaces nécessaires aux développements en site propre qui sont indispensables à la mise en œuvre future du PDU. Quand au mode doux. Evidemment d’accord, a quand un plan de circulation vélo ? Sur le stationnement, je constate à nouveau que votre politique manque de colonne vertébrale. Vous ne réalisez pas des équipements en fonction des besoins, mais de vos capacités financières, nécessairement réduites par votre manque de maîtrise des dépenses.
Friches industrielles. Je reste un peu sur ma faim. Une politique volontariste de recensement, d’expertise et de réduction des friches industrielles doit être menée. Sur cet objectif, la volonté politique de l’Etat existe. Il faut y aller rapidement. D’autant qu’on ne peut atteindre notre objectif commun d’une ville plus rayonnante en laissant subsister des espaces dont la vision détruit instantanément les efforts d’image que nous faisons par ailleurs.
Démarche « haute qualité environnementale ». D’accord, bien entendu, sur cet esprit de développement durable. Attention, quand même, a ce que l’accumulation des contraintes ne provoque pas le blocage des réalisations.
Développement économique. Même observation que précédemment sur l’implantation d’un nouvel hyper qui n’est pas justifiée. Je partage pleinement les paragraphes consacrés au tourisme et à l’activité tertiaire. Il y a là deux vecteurs de développement à utiliser largement. Pour ce qui concerne le commerce de proximité, je suis aussi en accord avec les principes. Cependant, il ne s’agira que d’un vœu pieu, si vous ne mettez pas vos actions, notamment en matière de stationnement, en accord avec ces belles phrases.
Habitat. Il relève de la communauté d’agglomération. Ce qui n’interdit pas d’y réfléchir. Les objectifs sont généreux et généralistes, il sera certainement difficile de les traduire en règles concrètes applicables dans un PLU.
Je passe rapidement sur les paragraphes consacrés aux friches industrielles, au patrimoine culturel et urbain, à l’architecture, à l’environnement, aux déplacements et aux transports collectifs sur lesquels je suis parfaitement d’accord avec vos objectifs.
Je m’arrête à nouveau sur le stationnement. J’ai bien noté votre volonté de modifier les obligations de construction de parking liées à la réalisation d’un équipement. Nous en reparlerons dans quelques instants. J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’il était possible de modifier, dans le sens d’un assouplissement, ces règles (à condition de le faire globalement et pas au cas par cas). Il n’en reste pas moins qu’il faudra en mesurer les conséquences, en particulier sur le besoin d’offre publique de stationnement. Car je m’opposerai à la mise en œuvre d’une politique malthusienne, qui viserait à réguler la demande par la rareté de l’offre. Cette démarche serait d’ailleurs en contradiction avec les objectifs de développement commercial que vous vous fixez.
Sur les propositions d’orientations particulières, j’enregistre avec plaisir cet objectif de développement qui tourne le dos à un certain abandon dont ces quartiers ont été victimes de la part des équipes précédentes. Je suis, en particulier, sensible à ce qui est proposé pour le quartier des Forges Saint Charles. Une partie de la richesse de Charleville vient de là. Gailly, Deville, Corneau, Forest, Demangel, Perin, ces industriels ont créé, puis développé dans ce quartier des industries prospères qui ont fait vivre des milliers de carolos. Beaucoup de ces activités ont disparues, ou ont déménagée. De toute manière, on n’implante plus d’usine en centre ville. Mais il y a dans ce secteur, à condition d’y investir, la possibilité de créer un vaste et beau quartier neuf à quelques encablures du cœur de ville. Sachons rêver un peu et faire rêver nos concitoyens.
Au-delà des quelques propositions d’améliorations qui ont émaillé mon propos, je crois qu’en matière d’équipement structurant il faut aussi réfléchir à une future fermeture du « ring » de Charleville-Mézières qui va s’ébaucher via la branche ouest de l’y ardennais et le barreau nord. Certes cette voie de contournement ne sera pas sur notre territoire. Mais elle devra être liaisonnée avec la ville et nous devrions réserver au PLU les corridors nécessaires pour créer ou développer ces voies de liaison.
CONSEIL MUNICIPAL DU 29 JUIN 2006
INTERVENTION DE PATRICK FOSTIER
CONSEILLER MUNICIPAL
Pour commencer cette intervention sur notre futur PLU, il me semble utile de rappeler ce qu’est le PLU et son importance pour le développement futur de Charleville-Mézières. Car l’élaboration du PLU n’est pas un acte anodin. C’est, au contraire, un document d’une grande importance qui va fixer le cadre d’évolution de notre agglomération pour de nombreuses années.
Le PLU est un document d’urbanisme et de planification. Il définit les orientations d’urbanisme de la commune et exprime le projet urbain de la commune. Il assure également la traduction juridique du projet de développement de la commune, réglementant les droits à construire sur le territoire communal.
Le PLU délimite des zones, urbaines et naturelles, à l’intérieur desquelles sont définies, en fonction des situations locales, les règles applicables relatives à l’implantation, à la nature et à la destination des sols. Il peut, en outre, comporter des dispositions relatives, notamment, à l’aspect extérieur des constructions, aux emplacements à réserver, au coefficient d’occupation du sol.
Le PLU est composé de 5 pièces principales :
Un rapport de présentation ;
Un projet d’aménagement et de développement durable
Un plan de zonage ;
Un règlement ;
Des annexes (annexes sanitaires, plan de servitudes et plan des contraintes …)
Le rapport qui nous est présenté par l’exécutif municipal est donc le cadre de l’étude de la seconde pièce, le PADD. J’observe immédiatement que ce rapport fait suite au diagnostic validé en janvier dernier par le comité de pilotage. Ce diagnostic aurait été mieux partagé si il avait été communiqué aux conseiller municipaux avant la séance d’aujourd’hui.
Permettez moi, maintenant, de rappeler un certain nombre d’observations, de principes et d’actions que j’avais rédigé dans le cadre de notre programme municipal de 2001. Ceci afin de comparer avec les perspectives proposées par votre document.
• Cadre de vie non - satisfaisant.
• Division naturelle liée au fleuve
• Développement anarchique des différents quartiers
• Plan de circulation et de stationnement obsolètes
On ne résoudra ces problèmes qu’avec une vision prospective. Ce ne sont pas quelques bandes cyclables peintes à la hâte dans une perspective électorale qui peuvent tenir lieu de politique.
Améliorons le cadre de vie, ayons un plan de circulation et de stationnement digne de ce nom, maîtrisons la fiscalité et nous retrouverons très rapidement une vitalité économique. Personne ne doit s'étonner de la faiblesse des activités économiques carolomacériennes.
Ni Mézières, ni Charleville n'ont été conçues pour la circulation automobile. Les ponts sur la Meuse sont autant de points de passage obligés. La situation bloquée d'aujourd'hui est la conséquence de ces difficultés et de l'immobilisme des élus qui, depuis 1977, ont laissé le plan de circulation en l'état ! Pour en sortir il faut : dévier vers l'extérieur la circulation de transit, créer un troisième axe pour traverser la ville et remanier totalement le plan de circulation interne.
Le troisième axe, relierait l'avenue Carnot à la sortie du quartier de Montcy - saint - Pierre, en passant par la rue des Forges saint Charles. C'est un projet très ambitieux qui nécessite de construire plusieurs ponts. Il est pourtant indispensable car il désengorgerait les centres des quartiers de Mézières et Charleville, il redonnerait une chance de développement à des secteurs isolés et mal desservis comme les Forges - saint - Charles.
Le plan de circulation est aussi un sujet important. Il y a deux points noirs : l'ensemble du quartier de Charleville et une partie du quartier de Mézières (Préfecture, cité administrative, Hôtel de ville, rue Monge). Le rejet de la circulation de transit à l'extérieur et la création d'un troisième axe devraient apporter un premier soulagement. Le prochain plan de circulation devra soigneusement séparer les circulations "entre quartiers" de la circulation "interne aux quartiers". La traversée de la ville se faisant de préférence sur de grandes voies, en sens unique, situées en bordure des quartiers. Les seuls automobilistes qui doivent accéder aux cœurs des quartiers étant ceux qui y habitent et ceux qui viennent y faire leurs achats, pas ceux qui veulent simplement les traverser.
Mais la politique du tout automobile a fait son temps, tout le monde le comprend désormais. Beaucoup de déplacements s’effectuent chaque jour à pied, en bus, à vélo. Le piéton mérite que l’on considère son confort comme une priorité. Si nous voulons une ville vraiment différente de ce qu’elle était voici dix ou quinze ans, il faut repenser, sécuriser et rendre " lisibles " les cheminements piétonniers si nous voulons qu’ils constituent une véritable alternative.
Si nous voulons dégager des espaces publics destinés aux déplacements non motorisés, nous devons offrir une solution pour garer leur véhicule à tous ceux qui viennent travailler ou faire leurs achats dans notre cité. Il n’existe pas en France, et probablement en Europe, une seule ville de plus de 50.000 habitants qui ait pris un tel retard dans son équipement en parkings publics.
A mes yeux et, sous réserve d’études complémentaires, trois parcs doivent être créés. L’un sur le quartier de Mézières, les deux autres en bordure du cœur du quartier de Charleville et à l’opposé l’un de l’autre. Le choix de leur emplacement est primordial. Ils doivent être sécurisants et faciles d’accès. Une signalisation, comportant le nombre de places disponibles, sera implantée aux entrées de la ville. Ces parcs comprendront un certain nombre de places réservées aux résidents
Parlons aussi de l'urbanisme. Partout, il faut respecter l’esprit des lieux. Je suis donc favorable à la politique de préservation du patrimoine. C'est d'ailleurs l'un de nos atouts touristiques. Cette volonté de préservation ne doit pas conduire à la stérilisation de quartiers entiers. Je ne veux pas vivre dans un musée, mais dans une ville vivante.
Notre ville manque de réserves foncières pour la construction d'habitat individuel. C'est l'une des raisons, avec la fiscalité, du départ des jeunes actifs vers la périphérie. Il faut reconstituer rapidement ces réserves et programmer des opérations de construction afin de conserver cette population essentielle pour notre avenir.
Nous devons aussi mettre au cœur de nos politiques la restauration de la mixité sociale. C'est un objectif que vous avez souvent proclamé et parfois………….. oublié. En laissant se développer, puis se dégrader, des quartiers entiers de la cité. Nous devons lutter contre la constitution de quartiers ghettos. Un quartier où les habitants vivent en paix est un quartier qui accueille toutes les catégories d’habitants.
Je suis convaincu que nos concitoyens doivent pouvoir également, en grand nombre, accéder à la propriété. Chaque opération immobilière menée par les organismes logeurs devrait obligatoirement comprendre une part de logements destinés à permettre l’accession à la propriété. Nous devons, par ailleurs, mener sans relâche notre combat contre l’habitat dégradé. Il est intolérable que demeurent encore dans notre ville des situations d’habitat inacceptable. Son image même est touchée. Par conséquent, nous devons relancer les opérations programmées d'amélioration de l'habitat et traiter tous les immeubles vétustes en assurant le relogement et l’accompagnement social des familles.
Je refuse de tomber dans la caricature et, par conséquent, je reconnais volontiers que nous partageons certains des objectifs que je viens de rappeler. Il reste que les grandes lignes restent, cinq ans plus tard, d’actualité !
Examinons maintenant les deux documents du rapport.
Je partage les 4 priorités liminaires. Poursuite PRU, développement Nord-Ouest, attractivité centre ville, démarche prospective. Je fais simplement une réserve sur l’extension des zones urbaines qui doit être maîtrisée, car la densification du centre ville est prioritaire. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de la loi SRU.
Pour les activités, d’accord avec le document. Une réserve là aussi sur la création d’une nouvelle zone d’activité sur Etion. Tout dépend de ce que vous voulez y mettre. Est-ce une zone commerciale supplémentaire, en clair un hyper de plus ? Dans ce cas je suis contre. Notre densité est déjà élevée. D’ailleurs, ce serait en contradiction avec votre volonté affichée de faciliter l’implantation du commerce de proximité.
Habitat, j’y retrouve un certain nombre d’objectifs que j’énonçais en 2001. Je partage donc cette partie du texte.
Transports, stationnement. Vous ne serez pas étonné de mon accord sur le premier point et de mon désaccord sur le second. Quoi que cet affichage politique en transport devrait nous conduire à réserver dans le PLU les espaces nécessaires aux développements en site propre qui sont indispensables à la mise en œuvre future du PDU. Quand au mode doux. Evidemment d’accord, a quand un plan de circulation vélo ? Sur le stationnement, je constate à nouveau que votre politique manque de colonne vertébrale. Vous ne réalisez pas des équipements en fonction des besoins, mais de vos capacités financières, nécessairement réduites par votre manque de maîtrise des dépenses.
Friches industrielles. Je reste un peu sur ma faim. Une politique volontariste de recensement, d’expertise et de réduction des friches industrielles doit être menée. Sur cet objectif, la volonté politique de l’Etat existe. Il faut y aller rapidement. D’autant qu’on ne peut atteindre notre objectif commun d’une ville plus rayonnante en laissant subsister des espaces dont la vision détruit instantanément les efforts d’image que nous faisons par ailleurs.
Démarche « haute qualité environnementale ». D’accord, bien entendu, sur cet esprit de développement durable. Attention, quand même, a ce que l’accumulation des contraintes ne provoque pas le blocage des réalisations.
Développement économique. Même observation que précédemment sur l’implantation d’un nouvel hyper qui n’est pas justifiée. Je partage pleinement les paragraphes consacrés au tourisme et à l’activité tertiaire. Il y a là deux vecteurs de développement à utiliser largement. Pour ce qui concerne le commerce de proximité, je suis aussi en accord avec les principes. Cependant, il ne s’agira que d’un vœu pieu, si vous ne mettez pas vos actions, notamment en matière de stationnement, en accord avec ces belles phrases.
Habitat. Il relève de la communauté d’agglomération. Ce qui n’interdit pas d’y réfléchir. Les objectifs sont généreux et généralistes, il sera certainement difficile de les traduire en règles concrètes applicables dans un PLU.
Je passe rapidement sur les paragraphes consacrés aux friches industrielles, au patrimoine culturel et urbain, à l’architecture, à l’environnement, aux déplacements et aux transports collectifs sur lesquels je suis parfaitement d’accord avec vos objectifs.
Je m’arrête à nouveau sur le stationnement. J’ai bien noté votre volonté de modifier les obligations de construction de parking liées à la réalisation d’un équipement. Nous en reparlerons dans quelques instants. J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’il était possible de modifier, dans le sens d’un assouplissement, ces règles (à condition de le faire globalement et pas au cas par cas). Il n’en reste pas moins qu’il faudra en mesurer les conséquences, en particulier sur le besoin d’offre publique de stationnement. Car je m’opposerai à la mise en œuvre d’une politique malthusienne, qui viserait à réguler la demande par la rareté de l’offre. Cette démarche serait d’ailleurs en contradiction avec les objectifs de développement commercial que vous vous fixez.
Sur les propositions d’orientations particulières, j’enregistre avec plaisir cet objectif de développement qui tourne le dos à un certain abandon dont ces quartiers ont été victimes de la part des équipes précédentes. Je suis, en particulier, sensible à ce qui est proposé pour le quartier des Forges Saint Charles. Une partie de la richesse de Charleville vient de là. Gailly, Deville, Corneau, Forest, Demangel, Perin, ces industriels ont créé, puis développé dans ce quartier des industries prospères qui ont fait vivre des milliers de carolos. Beaucoup de ces activités ont disparues, ou ont déménagée. De toute manière, on n’implante plus d’usine en centre ville. Mais il y a dans ce secteur, à condition d’y investir, la possibilité de créer un vaste et beau quartier neuf à quelques encablures du cœur de ville. Sachons rêver un peu et faire rêver nos concitoyens.
Au-delà des quelques propositions d’améliorations qui ont émaillé mon propos, je crois qu’en matière d’équipement structurant il faut aussi réfléchir à une future fermeture du « ring » de Charleville-Mézières qui va s’ébaucher via la branche ouest de l’y ardennais et le barreau nord. Certes cette voie de contournement ne sera pas sur notre territoire. Mais elle devra être liaisonnée avec la ville et nous devrions réserver au PLU les corridors nécessaires pour créer ou développer ces voies de liaison.
Publicité