Les collèges ardennais
Ci-dessous, un "libre opinion" de Jacques JEANTEUR.
Jeudi, le Conseil général des Ardennes aura à se décider sur la fermeture éventuelle de petits collèges. C’est une décision de grande importance pour l’avenir de notre département, dont tout le monde connaît la chute démographique importante. L’Inspection générale de l’Education Nationale et l’Inspection générale de l’administration de l’Education Nationale et de la Recherche ont remis un rapport en mars sur « Le réseau des collèges publics des Ardennes en 2005-2006 et la problématique des petits sites collégiaux. »
Le rapport plante le décor : « En 1985, il y avait 46 collèges publics qui accueillaient 19.300 élèves, soit un peu plus de 420 élèves par établissement. En 2005, il y avait moins de 13.200 élèves, dont 730 en SEGPA( section d’enseignement général et professionnel adapté devant conduire au minimum à une qualification de niveau V), sur 37 collèges regroupant 44 sites, soit 300 élèves par site en moyenne. » A la rentrée 2005, il y avait 7 collèges multisites. Les défenseurs des petits collèges, qu’ils soient parents ou élus locaux, mettent en avant les atouts des effectifs réduits au niveau de la pédagogie et de la réussite scolaire, but premier de l’école. Or, il s’avère qu’il n’y a pas de soutien scolaire ou d’aide individualisée, que l’offre de formation y est plus réduite que dans les grands collèges, que l’orientation y est moins bien suivie. Le rapport dit : « Les contraintes de fonctionnement des petites structures constituent donc un frein à l’animation pédagogique et à l’émergence de véritables politiques pédagogiques ambitieuses, ayant pour objectif la réussite de tous les élèves. On constate donc, dans les petits sites collégiaux comparés à l’ensemble des collèges du département : des sorties prématurées d’élèves au cours de la scolarité en collège, des résultats au brevet globalement inférieurs aux résultats attendus, un accès en classe de seconde générale et technologique moindre, un cursus en lycée plus difficile. »
Il est clair que les petits collèges ne donnent pas à leurs élèves les mêmes chances de réussite que les autres. Ce ne sont ni les moyens, ni les hommes qui sont en cause. L’éducation comprend une ouverture aux autres et un éveil culturel qui ne peuvent pas être dispensés dans des petites structures. Les parents font ressortir une crainte, voire une peur des grandes unités qui seraient des lieux de violence et de délinquance. Ce n’est pas le cas dans les Ardennes. Les jeunes ont besoin d’apprendre l’autonomie, de rencontrer des jeunes d’origines différentes. Les Ardennes accusent depuis de nombreuses années un retard culturel important. Cela compte dans la faible attractivité du département. Il faut avoir le courage de prendre des décisions positives, malgré l’incompréhension de certains. Les conseillers généraux seront sans doute nombreux à refuser l’évolution favorable aux enfants, car les élections cantonales approchent, et il est plus électoral de défendre le statu quo, que de casser la spirale du déclin. Les hommes politiques d’envergure sont ceux qui regardent l’avenir, et non ceux qui se figent sur le passé. Le vote de jeudi les distinguera.
Jacques JEANTEUR
Conseiller Régional U.D.F
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