FRECHE : LA HONTE ! (2)
Frêche suspendu deux ans de la direction du PS pour ses propos anti-harkis
PARIS (AFP) - La commission nationale des conflits du PS a sanctionné vendredi Georges Frêche, le puissant président de la région Languedoc-Roussillon, pour ses propos contre des harkis tenus en février, en le suspendant pour deux ans de la direction du parti.
"Georges Frêche est suspendu temporairement de ses délégations internes au parti socialiste pour une période de deux ans à compter du 28 février 2006", a annoncé la commission.
M. Frêche, 67 ans, est donc suspendu du bureau national qui assure, sous la responsabilité du Premier secrétaire, l'administration et la direction du parti. Il est également suspendu du Conseil national, le "parlement" du parti.
La commission des conflits a prononcé cette sanction après avoir "entendu" M. Frêche. Composée de 23 membres, elle est présidée par l'ex-président de l'Assemblée nationale Louis Mermaz.
Lors d'une cérémonie le 11 février à Montpellier, Georges Frêche avait traité de "sous-hommes" des harkis qui avaient participé le matin même à une manifestation de l'UMP. Ces mots avaient provoqué la colère de la communauté harkie et une polémique au sein de la classe politique.
Deux jours plus tard lors d'une conférence de presse, M. Frêche avait "retiré" ses propos et présenté ses "excuses" pour avoir "blessé par maladresse".
Tout en jugeant ses déclarations "inacceptables", la direction du PS avait dans un premier temps considéré que l'incident était comme clos après ces excuses. Mais plusieurs fédérations avaient réclamé des sanctions. Une pétition auprès des militants avait recueilli 600 signatures.
La droite avait également exercé une forte pression et le 28 février le premier secrétaire du PS François Hollande annonçait la suspension des instances dirigeantes du puissant patron de la fédération PS du Languedoc-Roussillon. Une mesure conservatoire en attendant la décision de la commission des conflits, seule habilitée à prononcer des sanctions, mesure que plusieurs responsables socialistes avaient jugé insuffisante.
"La commission des conflits, ne croyez pas que j'en aie peur, j'y suis déjà passé sept ou huit fois", avait lancé M. Frêche en accusant "certains" de "chercher à atteindre François Hollande à travers (lui)".
La tempête politique s'était déplacée, début mars, sur le terrain juridique avec l'ouverture d'une information judiciaire contre M. Frêche.
Le 24 mars, il était mis en examen pour "injures envers un groupe de personnes en raison de son appartenance ethnique, raciale ou religieuse".
Les propos ayant conduit à sa mise en examen sont les suivants: "Vous faites partie de ces harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps", "Vous êtes des sous-hommes" et "Vous êtes sans honneur".
Je suis heureux de constater que la direction nationale du PS a pris la mesure du scandale que constituait les propos de M.FRECHE. Les élus de la gauche carolomacérienne, eux, ont refusé de voter une motion condamnant ces débordements verbaux.
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