Les réformes sont elles solubles dans les manifestations ?
Au risque de paraître, une nouvelle fois, iconoclaste, je réprouve l'usage d'argent public pour baisser artificiellement le coût des carburants pour les professionnels. Les subventions ne sont utiles que si elles permettent aux professions concernées de "passer" un cap difficile. A l'évidence, il ne s'agit pas ici d'un écueil mais d'une tendence de fond. La consommation effrennée des pays en voie de développement et la certitude que la fin du pétrole est programmée à court terme se conjuguent pour propulser le baril à des niveaux jamais atteint. La barre, psychologique, des 100$ ayant été enfoncée, les prix continuent de monter et on annonce pour demain un baril à 200$. Ce qui mettrait notre litre de gazole à près de 2,60 € !!!!
Dans ces conditions, vouloir compenser à 0,40 € le litre de gazole, c'est envisager de dépenser plus de 2 € par litre sur un plein de plusieurs centaines ou milliers de litres. Où trouverons nous les finances pour faire face à cette dépense ? Certainement pas dans les poches des contribuables qui ploient déjà sous l'effort. Allons-nous, une nouvelle fois, emprunter, donc reporter l'effort sur les générations qui nous suivent ? N'avons-nous pas déjà été assez irresponsables ?
D'autant que cette distribution d'argent public viendrait en contradiction avec la politique de rigueur défendue par le premier ministre, conformément aux engagements de campagne du chef de l'Etat. Cette voie de l'effort, les électeurs de Nicolas Sarkozy ne comprendraient pas que l'on s'en écarte au premier vent contraire. Que l'on ne s'y trompe pas, céder sur cette affaire entrainera d'autres reculades.
Il faut bien que les consommateurs, que nous sommes tous, absorbent la hausse des coûts de l'énergie en faisant leurs achats. Sinon, ils paieront quand même, mais comme contribuables..... belle différence ! Celà entrainera une nouvelle baisse du pouvoir d'achat. Mais la hausse de l'énergie, c'est plus de pouvoir d'achat pour les pays producteurs et..... moins pour ceux qui consomment. Cette vérité de La Palice devrait figurer en première page de tous les journaux. Ce qui éviterait bien des prises de position démagogiques.......
Pour limiter les effets de ces hausses continues, il n'existe qu'une seule solution : les économies de consommation et la production d'énergie renouvelable. J'espère, simplement, que l'énergie nucléaire nous permettra d'attendre le développement des énergies alternatives. Dans quelle situation serions nous, si le Général de Gaulle n'avait pas favorisé la création d'une industrie nucléaire indépendante dans notre pays ?