THOME GENOT

Publié le par Patrick FOSTIER

Après un long débat (ci-dessous, mon intervention), j'ai voté le voeu présenté par la majorité municipale qui apporte le soutien du conseil au salariés de l'entreprise et demande la mise en oeuvre de mesures...... qui figurent dans le plan arrêté par le gouvernement et le conseil général des ardennes (avec la participation, enfin, de la région).

Si le voeu était sympathique, le débat l'était moins. Notamment de la part des élus communistes toujours aussi agressifs vis à vis de l'UMP, des patrons, de l'Etat...... Je regrette d'avoir choqué des collègues de la majorité, mais la "danse du scalp" autour des ruines de l'entreprise, avec un plan média bien étudié était vraiment détestable. Appeler, ensuite, à l'union est un peu facile.

 
Intervention de Patrick FOSTIER, conseiller municipal,
membre du groupe « Ensemble »
 
 
Il n’aurait pas été imaginable que cette réunion de notre conseil municipal se déroula sans évoquer la disparition de l’entreprise THOME-GENOT de Nouzonville, car cet évènement aura des conséquences lourdes sur notre environnement immédiat. Difficultés, voire disparition de sociétés sous traitantes. Difficultés du commerce de proximité. Pertes de recettes fiscales importantes.
 
Mais la conséquence la plus grave, c’est bien sur, la détresse des hommes et des femmes qui travaillaient dans cette entreprise. C’est vers eux que je souhaite d’abord me tourner ce soir en leur exprimant la solidarité de notre groupe devant l’injustice qui leur est faite. Injustice de perdre son emploi sans avoir jamais démérité. Injustice de voir remis en cause son avenir, celui de ses enfants, par la faute de décisions sur lesquels on n’a aucune prise. Injustice d’être confronté à la précarité sans avoir jamais relâché ses efforts. Ces injustices devront être réparées.
 
La situation de l’emploi dans notre département a atteint un niveau de gravité sans précédent. 13% de chômeurs avec des sommets à plus de 20% dans certains bassins d’emploi c’est insupportable. C’est d’autant plus préoccupant que cette situation particulière est en contradiction avec ce qui se constate au plan national. Le chômage baisse en France et nous avons bon espoir de voir le pourcentage de chômeurs repasser sous la barre des 8,5% en 2007. Ce qui ne s’était plus produit depuis 1982 ! Nos difficultés particulières sont liées à la mono industrie centrée sur l’automobile. Ce fut longtemps une force, c’est aujourd’hui une faiblesse. On ne fera pas non plus l’économie du débat sur les industries de main d’œuvre dans notre pays. Lorsque, par des mesures de réduction massive du temps de travail, on fait s’effondrer la productivité du travailleur français par rapport à celle de ses concurrents. On ne doit pas s’étonner des délocalisations et de leur cortège de fermetures d’entreprises.
 
Ce constat étant fait, comment réagir ? Deux voies doivent être suivies en parallèle. Il faut soutenir les salariés d’ATG pour les aider à retrouver un emploi. Il faut ré industrialiser notre département. Car tout n’est pas perdu. Je ne crois pas que le département des Ardennes soit définitivement condamné à perdre tous ses emplois industriels. Je ne crois pas que nous soyons destinés à devenir une zone verte de détente et de loisirs pour les européens qui nous entourent. Je crois, au contraire, que cette localisation est une richesse, que la qualité des hommes qui peuplent l’Ardenne est un atout et que nous avons donc la capacité de nous redresser et de créer à nouveau de l’espoir sur notre territoire. Ce soir même, je sais que de nombreux ardennais, parfois complètement anonymes, sont à l’œuvre pour entamer ce redressement. Ils utilisent leurs contacts pour attirer des emplois sur notre territoire, ils s’efforcent de bâtir notre renouveau. Tous ne réussiront pas, mais je leur accorde plus de confiance qu’à ceux qui veulent utiliser notre détresse à des fins inavouables. Dans les circonstances difficiles que connaissait la France dans l’immédiat après-guerre, le Général De Gaulle avait déclaré dans un discours : « A vous toutes et à vous tous, je veux parler aujourd’hui des lourds soucis qui nous étreignent quant aux conditions de l’existence des Français. Si j’en parle ce n’est point pour gémir, ni maudire. A quoi bon ? C’est pour éclairer le chemin par où nous pouvons en sortir ensemble. Car, je l’affirme, rien n’est perdu ! ». Si le gaullisme a un sens c'est bien celui là. L'avenir appartient à ceux qui veulent l'étreindre avec passion.
 
Soutenir les salariés d’ATG, c’est d’abord sécuriser leurs revenus. Le plan élaboré par le gouvernement en liaison avec le conseil général des Ardennes assure une rémunération maintenue pour une période de 12 mois, qui pourra être portée à 24 mois dans certaines conditions. Les salariés concernés conservant, bien entendu, en cas d’échec, leurs droits aux allocations chômage. C’est donc un dispositif exceptionnel par son ampleur, près de 5 millions d’euros d’effort financier, qui a été décidé. C’est aussi leur donner tous les moyens pour retrouver un emploi dans les meilleurs délais. C’est ainsi que le ministre de l’emploi a désigné une déléguée auprès de la préfète des Ardennes afin d’accompagner le déroulement du contrat de transition professionnelle, que 17 spécialistes du reclassement supplémentaires vont être affectés sur notre territoire, que des fonds pour le financement des formations (+ de 4 millions d’euros) ont été débloqués, que les frais liés à la mobilité géographique, au maintien des couvertures complémentaires seront pris en charge. En outre, la prime de reclassement sera majorée et une prime à la création d’entreprise de 15.000 € est instituée. L’ensemble de ces mesures représente un engagement financier de l’Etat et du Conseil Général des Ardennes de près de 60.000 € par salarié, soit un engagement supplémentaire par rapport au droit commun de plus de 45.000 € par personnes concernées.
 
Bien entendu, il serait inutile de déployer tous ces efforts, notamment de formation, si l’on n’avait pas d’emplois à proposer ensuite. C’est l’objectif du gouvernement et du Conseil Général des Ardennes, matérialisé par quatre engagements. Renforcer le contrat territorial à l’occasion du prochain comité interministériel à l’aménagement et à la compétitivité des territoires en accroissant la participation financière de l’Etat. Une prochaine rencontre entre le Président de l’association des maires et le Ministre délégué aux collectivités territoriales permettra de préciser les mesures à prendre lors de ce CIACT. Etablir une convention entre l’agence française des investissements internationaux et le Conseil Général des Ardennes. L'objectif de l’AFII est de développer des implantations durables d'entreprises étrangères, créatrices d'emplois et de richesse. Faire intervenir une société spécialisée dans la reconversion de sites dont l’objectif sera de créer au moins 500 emplois nouveaux sur une période de 24 mois. Nommer un délégué au développement économique des Ardennes chargé de coordonner et démultiplier les actions du contrat territorial, mettre en œuvre des plans sectoriels qui seront adoptés par le gouvernement avant la fin de l’année et contribuer à la prospection d’investisseurs étrangers.
 
Enfin, le Conseil Général des Ardennes, qui mène depuis de nombreuses années une politique de redéploiement industriel qui a permis de créer plusieurs centaines d’emplois nouveaux non liés à l’industrie automobile, a décidé de renforcer son action en ajoutant 100 millions d’euros en faveur du développement économique en 2007. Un effort qui n’a d’égal nulle par ailleurs en France.
 
Voilà donc le plan cohérent, massif et structuré qui a été préparé. Il pourra encore évoluer au fil des discussions en cours entre les partenaires. J’ai noté avec plaisir la déclaration d’Estamfor, confirmant son intention de reprendre une partie de l’activité. Que chacun médite les propos de son PDG sur ce qui s’est passé en 2004. Je ne veux mettre en cause personne, car c’est trop facile de le faire à posteriori. Mais quand même……….
 
Ces situations de crise à répétition devraient nous conduire à réfléchir sur les excès de la mondialisation et les moyens de les corriger. La mondialisation est un fait. Il serait aussi vain de la nier ou de s'y opposer que de prétendre remettre en cause la loi de la gravité ou arrêter la course des nuages. Mais la mondialisation c’est aussi un dumping économique, social, environnemental et monétaire effréné. C’est une pression migratoire sans limite qui trouve sa source dans les drames de l'Afrique. La mondialisation exige un Etat fort, une cohésion sociale et territoriale forte, une identité collective forte. Si nous voulons être forts dans la mondialisation, nous ne devons renoncer à rien de cela.Il faut se dire la vérité : sauf à fermer les frontières et à se condamner au déclin, il n’y a aucun moyen d’interdire les délocalisations. Mais nous devons tout faire pour mieux les prévenir. Personne ne doit être laissé au bord du chemin. Nous devons garantir à chaque salarié et à chaque territoire qu'en cas d'accident, la Nation sera au rendez-vous et prendra toutes les dispositions non seulement pour atténuer le drame social mais pour donner une chance d'un nouveau développement économique. C’est le sens du plan développé par l’Etat et le Conseil Général des Ardennes.
Publicité

Publié dans Conseil municipal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article