Financement du RSA.
Le mode de financement choisi, par le président de la République, pour financer la généralisation du RSA en a surpris plus d'un. A gauche d'abord qui n'a pas d'angle d'attaque sur ce choix et qui en est réduite à des polémiques minables qui ne convainquent personne. A droite également ou certains parlent de reniement (des promesses de campagne), de girouettes (à propos des élus favorables au RSA qui contestent son financement).
Hervé MARITON, ancien ministre "villepiniste", directement visé par la seconde accusation a répliqué qu'elle ne manquait pas de sel, venant d'une personnalité de gauche entrée au gouvernement.....
Le reproche de déroger aux principes affichés mérite d'être étudié plus sérieusement. Nicolas SARKOZY a bâti son succès sur sa volonté de réformer et de tourner le dos aux dérives précédentes. La baisse de la fiscalité a été mise en avant comme un nécessité. Le signal du financement du RSA peut être compris comme négatif.
Rappelons que l'enjeu du RSA est d'abandonner le principe du financement sans limite des dépenses sociales passives. Le RSA est une dépense active qui incite ses bénéficiaires a reprendre une activité. Sa mise en oeuvre est donc bien conforme aux engagement du chef de l'Etat. On peut même considérer que cette modification est essentielle pour l'avenir. Chacun a, dans son environnement, des exemples négatifs de ceux qui vivent d'aides sociales diverses sans la moindre intention de travailler, et/ou retravailler. On ne peut lutter contre ceux qui se complaisent dans cette situation sans offrir une autre perspective à ceux qui veulent s'en sortir. La lutte contre les abus de la protection sociale passe par le RSA.
Quand à ce financement, parlons en. Pour le propriétaire d'un appartement en location et d'un portefeuille de placements financiers de 150 000 €, la taxe de financement du RSA représentera environ 165 € par an ! Franchement, n'y-a-t'il pas de sujets plus importants ? D'autant que cette taxe serait hors bouclier fiscal pour ne pas laisser cette nouvelle charge sur le dos des classes moyennes.
Pourtant, je crois que le président de la République devrait souligner rapidement qu'il renonce pas à ses objectifs de baisse des impôts et d'économie sur les charges de fonctionnement de l'Etat. La mise en place du RSA devrait s'accompagner d'une chasse sans pitié aux fraudeurs. Tous ceux qui confisquent, au mépris des lois et de la morale, la solidarité de la nation à leur seul profit.
L'échange Mariton-Hirsch sur France Info